
Il fallait libérer beaucoup de lieux de vie publique et d'expositions temporaires au rez-de-chaussée. Le Musée de Bretagne devait, pour bien fonctionner et recevoir une muséographie encore inconnue, former une séquence d'exposition sur un même niveau horizontal : il a donc pris la forme d'une plaque horizontale, flottant au-dessus du rez-de-chaussée, un grand volume pur posé sur pilotis, qui semble comme en lévitation sur l'esplanade et en dessine un bord. Ensuite, deux bâtiments traversent de bas en haut ce volume du Musée.
L'Espace des sciences, dont le volume est conique parce que sa salle la plus grande doit être au rez-de-chaussée, est dominé par son planétarium sphérique au sommet.
Et la Bibliothèque, qui peut être réduite au niveau du sol, lieu de l'accueil et du "prêtretour", s'évase en montant vers le ciel. Les bureaux des conservateurs sont installés sur la plaque du Musée en arrière des grands volumes, chaque service se trouvant à proximité de ses salles, lié à elles par une galerie.
Dans les maquettes d'origine, l'ensemble était blanc, mais j'avais l'intention de différencier les couleurs et les matières des trois objets architecturaux. Je ne voulais pourtant pas poser un "OVNI", un bâtiment sans aucune attache à la ville. Ce sont les matériaux et couleurs proposés à Rennes qui m'ont alors orienté. Tout d'abord le schiste rouge qui marque l'Ille et Vilaine.
Je voulais que la grande table, le dolmen du Musée de Bretagne, soit de nature minérale. J'ai beaucoup travaillé sur le béton, dessinant des reliefs que nous avons ensuite travaillés en maquette, avec le sculpteur Martin Wallace.
Nous avons travaillé avec l'entreprise EPI des sablages et des agrégats différents aléatoirement, de couleur gris et rose. Nous avons travaillé à partir de deux moules seulement, avec des idées de lignes, de failles, de fissures comme dans une plaque tectonique qui traversent les joints des panneaux, les associant entre eux sur l'ensemble de la paroi, sans jouer le thème de la répétition.
Au final, on ne voit pas qu'il n'y a que deux modules. J'avais par ailleurs gardé l'idée que la Bibliothèque serait en verre et aluminium laqué blanc. Enfin il fallait, pour l'Espace des sciences, un matériau qui puisse couvrir à la fois le cône et la sphère. C'est donc les écailles de zinc sombre, anthracite, qui se sont imposées avec le plus de facilité.