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Le festival Electroni[k] fêtait sa dixième édition à Rennes du 6 au 17 octobre 2010. Il poursuivait le volet Métropoles Electroni[k] initié en 2008 en proposant à des "plasticiens du son" de réaliser des créations sonores au cours de résidences dans différents lieux de Rennes Métropole.
À cette occasion, Dinah Bird était en résidence aux Champs Libres en septembre 2010, afin d’en créer une carte postale sonore. Son micro à la main, on a pu la croiser dans les couloirs et lui poser quelques questions entre deux prises de son.
Qu’est ce qui t’as amené à travailler sur les sons et à en faire des créations radiophoniques ?
Depuis l’âge de 19 ans, j’ai toujours eu envie de faire de la création radiophonique, de raconter des histoires avec le son. J’ai eu ensuite un parcours assez typique : radio à la fac, radios communautaires, radios pirates… Petit à petit, je me suis rendu compte que c’était le côté documentaire qui m’intéressait, et comment on pouvait rendre un son très abstrait pour le faire devenir une matière presque plastique.
Tu te sers donc de sons d’ambiance mais tu as aussi demandé à des personnes travaillant aux Champs Libres d’écrire des textes sur ce qu’ils entendaient…
C’est un lieu de passage, historiquement une gare routière, et j’avais envie que ça se sente dans les enregistrements. Son architecture est très visible, je trouve intéressant de voir comment les gens à l’intérieur voient l’extérieur, et vice-versa. Je demande aux gens de me décrire ce qu’ils voient de l’extérieur, mais aussi comment ils utilisent l’espace. J’ai demandé à quelqu’un de me décrire le trajet qu’elle fait tous les jours, de l’entrée jusqu’à son bureau. J’espère que ça va apporter une autre dimension à quelqu’un qui ne connaît pas le lieu.
As-tu repéré des particularités dans ce lieu ?
J’aime beaucoup l’escalier de la bibliothèque qui est sûrement une nuisance sonore terrible quand on y travaille ! Les portes qui claquent et les gens qui montent l’escalier rythment le lieu. Il y a un grand contraste entre ce que le public entend, les sons des expositions, et les sons des bureaux. L’ambiance est un peu celle d’une gare, avec des voix, des sons dont on ne sait pas très bien d’où ils viennent, mais dès qu’on est dans la partie « privée » de l’administration, c’est très feutré.
Les sons de la ville t’intéressent plus que des sons de la campagne par exemple ?
Non, pas du tout. Chaque ville a une identité sonore différente. Par exemple, à Helsinki il y a un son très particulier et toute une ville souterraine en hiver. Ce qui m’intéresse c’est de capter l’identité d’un lieu, et voir ce qu’un lieu peut produire comme sons.
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