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Cinq regards féminins sur la mer, sa beauté, ses mystères et sa fragilité.
Il y a tant de manières de voir la mer, tant de façons de la regarder.
C’est un territoire encore largement inconnu, une source infinie de récits, d’aventures et de légendes mais aussi un écosystème menacé.
Dès la fin des années 1930, Anita Conti s’embarque, seule femme à bord, sur des chalutiers, des navires océanographiques ou militaires. Elle n’aura de cesse toute sa vie durant de se confronter à ces immensités, de chercher à les comprendre et à en saisir, par la photographie et l’écriture, toutes les nuances, les beautés et les fragilités. Pionnière à tant d’égards, elle sera notamment parmi les premières à pointer les dangers de la pêche à outrance.
Des décennies plus tard, une nouvelle génération d’artistes se tourne vers les mers et océans. Comme Anita Conti avant elles, elles observent, s’alarment, imaginent des récits, tour à tour envoûtants ou inquiétants.
Juliette Pavy accompagne un équipage de scientifiques sur un navire océanographique étudiant la pollution et l’acidification de la Méditerranée. Julie Bourges documente le travail de femmes, pêcheuse ou charpentière de marine qui inventent leur place dans un milieu si masculin. Marine Lanier explore la puissance d’évocation de l’univers maritime en inventant un récit d’aventures fantastiques et poétiques. Entre photographie, film et installation plastique, Manon Lanjouère donne à voir les ruines d’un monde marin ravagé par l’exploitation humaine.
Ces regards sur la mer s’adressent à nous. Ils sont un rappel, comme l’écrivait Anita Conti : « pour tous ceux-là qui oublièrent que la mer jamais ne s’oublie »
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Journaliste, relieuse d’art, océanographe, photographe, écrivaine… Si la longue vie d’Anita Conti (1899 – 1997) a eu tant de facettes, un fil les relie toutes ou presque : sa passion pour la mer.
Elle dresse les premières cartes de pêche alors que n’existent que des cartes de navigation. Sur un dragueur de mines, elle devient pendant la Seconde Guerre Mondiale la première femme militaire au sein de la Marine Nationale. Elle s’embarque, seule femme à bord, aux côtés des travailleurs de la mer, de Terre-Neuve à la Mauritanie pour documenter leur travail. Elle développe des techniques d’aquaculture pour lutter contre la malnutrition en préservant les ressources halieutiques. Dès les années 1940, elle alerte, toujours pionnière, sur les dangers de la pêche à outrance et de la surexploitation des océans, dont la richesse semble alors inépuisable.
Dans "Mémoire sauvée de l'eau", Manon Lanjouère s’attache à dénoncer la responsabilité de la pêche industrielle dans l’effondrement de la biodiversité. Elle imagine un conte dystopique, dans lequel les restes organiques des espèces victimes de cette industrie se fossiliseraient, devenant les derniers témoins d’une biodiversité méconnue. Ainsi, elle nous alerte sur cette condamnation future, rendue possible par notre inaction collective.
Dans le fil "La mer endormie", une femme - que l’on imagine comme la dernière représentante de l’humanité – jette à la mer des pierres, vestiges du Vivant disparu. À mesure que les pierres touchent l’eau, l’inerte semble se réactiver, les formes se métamorphosent, et la mer endormie se réveille. À travers ce rituel, la femme tente de redonner à la nature ce qu’on lui a arrachée, avec l’espoir, fragile, d’une renaissance. Ce geste répétitif, à la fois acte de révolte et de soin, transforme l’indignation en puissance d’agir.
À bord du navire océanographique L’Atalante, une équipe de scientifiques et de marins sillonne la Méditerranée, observant une mer à la fois magnifique et profondément altérée. Ce conte photographique documente leur mission : sonder les effets invisibles mais dévastateurs de la pollution plastique et de l’acidification des océans.
La série Les Argonautes suit cet équipage qui, jour après jour, collecte des données, scrute le plancton, plonge au coeur des mutations de la Méditerranée. La puissance narrative des clichés de Juliette Pavy transforme ce quotidien en une odyssée mystérieuse. Entre enquête scientifique et récit d’anticipation,
Juliette Pavy crée un dialogue entre des histoires singulières pour révéler l’impact plus large de pollutions invisibles sur nos environnements.
En mer, les femmes ont longtemps été perçues comme une menace pour les navires et leurs équipages. Si des figures féminines étaient érigées comme déesses protectrices
à la proue des bateaux, il ne fallait en revanche ni embarquer de femmes ni en croiser avant de monter à bord : elles avaient la réputation de porter malheur sur les bateaux et on leur attribuait la responsabilité de tous leurs maux.
Si les mœurs ont évolué, et si les femmes sont un peu plus présentes dans ce milieu, elles doivent encore se battre au quotidien pour affirmer leur place dans ce monde. Aujourd’hui, elles sont de plus en plus nombreuses à s’en emparer, symbole d’une transformation sociale profonde.
Julie Bourges dresse le portrait de quelques-unes de ces femmes (charpentière de marine, pêcheuse, navigatrices). A travers elles, c’est la mer qu’elle rencontre, la profondeur et l’imaginaire de cet espace à la fois physique, mythologique, antique et littéraire.
Lors d’une résidence avec le centre d’art L’Imagerie (Lannion), Marine Lanier imagine une veste de marin abandonnée, peu à peu envahie par les plantes et les fleurs. Cette veste devient alors une parure organique, comme si la nature reprenait possession de ce vestige humain.
Cette fable maritime, à la frontière du documentaire et de la fiction, se nourrit du dialogue entre les photographies de Marine Lanier et des archives issues de la station biologique de Roscoff et du musée Jules Verne de Nantes.
En convoquant la figure mystérieuse de son arrière-grand-père capitaine de vaisseau, Marine Lanier inscrit ce récit dans une généalogie intime. Elle tisse alors un espace où science, mythe et imaginaire se rencontrent et se mélangent. En brouillant les frontières entre documentaire et fiction, L’Habit de naufrage devient une méditation visuelle sur l’invisible, sur les mondes enfouis et sur la fragile présence humaine face à l’immensité.
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Douarnenez, 1924, la lutte des Sardinières
Exposition
Du 11/03/25 au 26/04/26
Musée de Bretagne
Gratuit